valentin hauri

english <> deutsch
 
 
 
 
spacer
 

fine sin fine

Valentin peint
Valentin teint
Valentin ce matin - pas ce matin - demain - on train, à temps plein, des dessins à dessein - sur du papier fin il verse une goutte de vin.
En chemin les lapins se transforment en écrivains - ou jouent du clavecin en vain.
Valentin peint les alpins, les australiens - qui ne savent rien de Valentin - Valentin traduit radin en allemand - il offre vingt grains de son jardin à un écrivain. Sue le terrain, Valentin peint soudain des petits riens, il n‘a pas vu les nains, des boudins plein les mains.
Valentin n‘a pas peint, il part pour le Cotentain observer les alevins - puis au bord du Rhin. Il cueille du thym qui ne pousse jamais sous les sapins. Je lui apprendrai ce qu‘est l‘étain et avoir mal aux reins. Valentin m‘a connu clandestin comme un africain.
Valentin mange du pain au levain et peint avec les mains.
Valentin a pris un bain parfumé au lavendin - il se tient bien, cela le contraint.

Valentin a fait un emprunt - pour un festin.
Demain Valentin n‘aura pas faim.
Valentin n‘a rien, ni bien, ni pingouins, ni embonpoint, ni gains - mais il peint bien son destin de citadin - son lapin riverain s‘appelle Firmin, pas Sylvain - personne ne le plaint dans son petit coin où il goutte les confitures de coing.

Valentin peint sans frein en brun, les embruns et les oursins. Valentin est très loin.
A Valengins il fête le saint Valentin, avec le cousin du Rabbin de Berlin + un poulin + du vin, au son du clavecin. Enfin, les musiciens jouent, sans lutrin, des quatuors de Dusapin - ils ont mangé un gratin.

Il use des bouquins, des points et des moins que rien - il n‘en vient pas à bout, se tient dans le pétrin - il recommence sans entrain ni filin: un jardin, un galopin, un chien coquin, un pantin - à la poudre de perlimpinpin.

En latin il confond le masculain et le féminin,
il ne connaìt pas Robin, mais Rodin oui.
Il joue avec des serpentines
et n‘a jamais vu le musée Plantin
est n‘est jamais passé par Saint Symphorien ni par Seraing.
Valentin n‘est pas certain - il sait que Provins est près de Paris.

Sous un pin, il peint avec soin, les siens, le voisin sanguin et celui qui se plaint, le vilain.
Valentin se souvient de ses liens lointains, des Méridiens, des matins sereins, des petits patelins du Mont d‘Amin et du Cervin - du Col d‘Albrun - de Leysin - du Val de Mougins - de Ponte Valentino - du Rhin - des techniciens du Tricastin, du vin du Tricastin, de Saint Aubin, de Saint Martin - des lupins du jardin de Julien - des câlins des siens - des soins des Bédouins - des romains à Berlin - des Salins - et des poulains qu‘il n‘a pas peint.

Tient, tient, Valentin a vu soudain Augustin faire le tapin sous un baldaquin couleur lie de vin. Valentin a des regains d‘amertume pour quelques souverains.
Valentin n‘aime pas le tremplin, nie les bulletins, ni les potins ni les radins, ich auch nicht.

Ich auch nicht.
Il m‘écrit enfin et me prévient ‚Vient petit coquin - revient avec le forain, le magicien un ballotin et ton petit calepin‘
‚ pas envain‘
Fine sin Fine - Fin sans Fin.

Jacqueline Mesmaeker, Bruxelles